Entre sessions et coulisses de la marque, rencontre avec Achille Beyou

À 22 ans, Achille Beyou a déjà derrière lui un solide parcours sur l’eau. Lorientais pur beurre, comme il aime à se définir, il a rejoint Phantom avec une double casquette : membre de l’équipe en charge de la logistique et du service client d’un côté, rider passionné de l’autre. Wing foil, surf foil, downwind : dès que les conditions s’y prêtent, Achille est sur l’eau. Une pratique quotidienne qui nourrit directement son travail chez Phantom et lui donne un regard particulièrement concret sur le matériel, depuis son arrivée dans les locaux de Lorient jusqu’aux sensations qu’il procure une fois en vol.

Nous avons retrouvé Achille juste après le YAKA Paddle Festival à Larmor-Plage, en Bretagne, dont Phantom était fier d’être partenaire pour cette 5e édition. Tout juste 4e sur 25 participants de la course de Downwind SUP Foil, il a répondu à nos questions sur le foil, sa progression, le développement produit et son quotidien dans les coulisses de Phantom.

 De l’Optimist aux premières sensations de vol

Comme beaucoup de riders bretons, l’histoire commence tôt. Achille fait ses premiers bords en Optimist avant de passer rapidement au catamaran, puis au Nacra 15. Il goûte également au Moth à foil, à une époque où le vol commence à transformer profondément les pratiques et les supports.

 C’est d’ailleurs en observant cette évolution qu’il découvre véritablement l’univers du foil. Les catamarans de l’America’s Cup abandonnent leurs dérives traditionnelles au profit d’appendices capables de les faire voler ; parallèlement, les images de Kai Lenny ouvrent de nouvelles perspectives sur ce qu’il devient possible de faire au-dessus de l’eau.

Mais entre regarder voler et voler soi-même, il reste une sensation impossible à raconter avant de l’avoir vécue. Pour Achille, elle arrive en SUP foil. « Ma première vraie sensation, c’était lorsque la planche a commencé à se lever toute seule et à glisser sur la vague. » Ce premier décollage marque le début d’une pratique qui ne cessera ensuite de prendre de la place.

La liberté de choisir son terrain de jeu

Ce qu’Achille aime aujourd’hui dans le foil tient autant à la sensation de glisse qu’à la diversité qu’offre le support. Wing foil lorsque le vent rentre, surf foil lorsque la houle est là, downwind pour exploiter l’énergie du plan d’eau : les frontières entre les pratiques deviennent plus poreuses.

 « Ce que j’aime, c’est la liberté de pouvoir pratiquer le foil dans énormément de conditions. Et l’évolution technique du matériel permet toujours de repousser les limites. » S’il fallait néanmoins définir son style, la réponse serait assez claire : les vagues, le carving et la glisse.

Plus que la recherche de vitesse pure, Achille aime exploiter le relief de l’eau, enchaîner les courbes et prolonger le surf. Une approche qui explique aussi ses choix de matériel.

Son setup du moment associe une Curve 47 / Cirrus 70, un ONE 750 avec stabilizer 130 et une STRATO 4.2.

« C’est un setup qui me permet de naviguer dans une grande plage de vent. Je peux surfer, faire du freestyle ou simplement partir en balade. »

Une polyvalence qui correspond finalement assez bien à sa pratique : ne pas être enfermé dans une seule discipline et pouvoir adapter la session aux conditions du jour

Du stock au spot

Cette connaissance du matériel ne s’arrête pas au bord de l’eau.

Chez Phantom, Achille gère la logistique entrante et sortante du matériel lié aux ventes en ligne ainsi que le service client. Il participe également à l’organisation des événements et des sessions de test, tout en contribuant aux essais et aux retours techniques sur les produits.

Une position assez singulière : il voit le matériel arriver, le contrôle, le prépare, l’expédie… puis le retrouve sur l’eau.

Et lorsqu’un client cherche à choisir son équipement, les heures passées à naviguer deviennent particulièrement utiles.

« Pouvoir rider avec le matériel Phantom me permet de mieux conseiller nos clients. Cela me permet aussi de transmettre des retours techniques et les sensations rencontrées sur l’eau. »

 La relation fonctionne également dans l’autre sens. Travailler au sein de la marque lui permet de mieux comprendre ce qui se cache derrière un produit fini : les choix de conception, la fabrication et les contraintes auxquelles doivent répondre foils, wings et boards. Un foil n’est alors plus seulement une front wing, un mât et un stabilizer assemblés pour une session. Il devient l’aboutissement d’une succession de choix et d’étapes que le rider ne voit pas nécessairement.

Avant d’arriver sur l’eau

Recherche et développement, fabrication, transport jusqu’à Lorient, réception, contrôle de conformité, vérification des packing lists, stockage, communication, préparation des commandes puis expédition : entre les premières phases de développement et la session du rider, le parcours d’un produit est long.

C’est précisément dans cette partie moins visible de la vie de Phantom qu’Achille intervient au quotidien.

À la réception du matériel, chaque référence doit être contrôlée et organisée avant de pouvoir repartir vers son futur propriétaire. Un travail de coulisses essentiel, bien loin des images de sessions que l’on associe spontanément à une marque de glisse.

Et c’est aussi ce qui rend son profil intéressant : faire le lien entre ceux qui utilisent le matériel et ceux qui travaillent chaque jour à le faire évoluer et à le mettre entre leurs mains.

Home waters

Reste évidemment l’essentiel : naviguer.

Autour de Lorient, Achille connaît les spots et les conditions qui peuvent transformer une sortie ordinaire en vraie session. Son meilleur souvenir récent ? Un downwind de 20 kilomètres entre Kerroc’h et Étel.

Mais ce qu’il attend surtout désormais, c’est le retour de la houle.

« J’ai hâte de retrouver de vraies conditions pour aller engager sur les plateaux rocheux du coin en wing surf et faire toujours plus de downwind. »

Son scénario idéal est déjà très précis : 13 nœuds de vent, deux mètres de houle avec 12 secondes de période autour de Belle-Île. Assez d’énergie pour que les vagues commencent à devenir sérieuses et que le wing surf prenne une autre dimension.

Et pour sortir des eaux bretonnes ?

Direction Ponta Preta, au Cap-Vert. Une destination qui revient sans hésitation lorsqu’on lui demande où il rêve de poser son foil.

Quick-fire avec Achille

Ton spot préféré ?
Secret spot… impossible à révéler. Sinon, le home spot : Kipu.

Le spot où tu rêves de rider ?
Ponta Preta, Cap-Vert.

Tes conditions idéales ?
13 nœuds, 2 mètres de houle, 12 secondes de période autour de Belle-Île.

Sunrise ou sunset ?
Sunset.

Phantom en un mot ?
Polyvalence. Ou qualité.

Chez Phantom, les produits se développent entre conception, essais et retours du terrain. Avec un pied dans les coulisses de la marque et l’autre sur sa board, Achille incarne naturellement ce lien entre le matériel et ceux qui le pratiquent.

À très vite sur l’eau Achille !

 

Photos: @pola.RYSE